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Interview de Shara Gillow, la cycliste australienne et olympique de la FDJ-Nouvelle-Aquitaine-Futuroscope
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Cycling
Interview de Shara Gillow, la cycliste australienne et olympique de la FDJ-Nouvelle-Aquitaine-Futuroscope
05.02.2019

interview de Shara Gillow, cycliste olympique australienne

 

Shara Gillow a remporté à quatre reprises le Championnat national australien, a représenté son pays aux Jeux olympiques de 2012 et, lors des derniers championnats nationaux en janvier 2019, elle a reçu le maillot de la coureuse la plus combative. Le cyclisme, c’est dans son sang.

Quand avez-vous commencé le cyclisme sur route ? Et quand avez-vous compris que cela pouvait devenir votre métier ?

J’ai commencé le cyclisme vers l’âge de 19 ans. Mon premier championnat national en Australie a eu lieu en 2009. J’avais 21 ans lorsque je suis venue en Europe pour la première fois et que j’ai commencé à pratiquer le cyclisme. Quand j’étais plus jeune, je ne pratiquais réellement aucun sport de manière sérieuse.

Mon père était cycliste olympique, alors je me suis dit : « Oui, je veux participer aux Jeux olympiques un jour ». C’était toujours mon ambition et… voilà pourquoi.

Waouh ! N’est-ce pas assez tard pour quelqu’un qui souhaite participer aux Jeux olympiques ?

Oui, tout s’est passé très vite. Je suis quelqu’un d’assez déterminé… C’était très spécial de représenter l’Australie aux Jeux olympiques et je pense que c’est l’un des sommets pour tout sportif. Les Jeux olympiques sont quelque chose de très spécial et j’espère pouvoir participer à ceux de Tokyo !

Rappelons que vous y êtes parvenue seulement 6 ans après avoir commencé à pratiquer sérieusement le cyclisme !

Oui, c’est très rapide ! Quand j’y repense aujourd’hui, je me dis… Waouh… Cela ne faisait que quelques années que j’avais commencé à pratiquer le cyclisme sérieusement lorsque j’ai participé aux Jeux olympiques. Mais je suis quelqu’un de déterminé…

Votre père, David Gillow, était lui aussi cycliste olympique et a représenté le Zimbabwe en 1980. A-t-il eu une grande influence sur vous ou vous a-t-il simplement laissé développer cette passion ?

Mon père était cycliste olympique, mais il ne m’a jamais poussée et n’a jamais vraiment voulu que je me lance dans le cyclisme, car il sait à quel point ce sport est difficile. Il m’a toujours encouragée, mais il ne m’a jamais forcée ni poussée à le faire.

En fait, je viens d’une très grande famille et nous pratiquons tous des sports différents. Mes parents nous ont toujours encouragés, mes frères, mes sœurs et moi, à faire vraiment ce dont nous avions envie. Dans la famille, nous avons des danseuses de ballet, des joueurs de tennis, des infirmières et des constructeurs… Il y a vraiment de tout.

Shara Gillow

Comment vous souvenez-vous de votre première course en Europe, lors du Giro Donna en Italie en 2009 ?

Tout s’est passé très vite. Mon premier championnat national a eu lieu en 2009 et, quelques mois plus tard, j’ai participé à ma première grande course UCI en Europe. C’était le Giro d’Italia, qui est l’une des plus grandes courses féminines. C’est une course de 10 jours en Italie et je me suis retrouvée directement plongée dans le grand bain. Mais c’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié, et je crois que j’ai participé à cette course chaque année depuis 2009. C’est une course spéciale et je suppose qu’il faut savoir nager ou couler, et moi, j’ai nagé. C’était une très belle expérience.

Revenons aux Jeux olympiques : vous avez représenté l’Australie en 2012. Comment avez-vous vécu cette expérience, qui est un rêve pour tout sportif ?

Les Jeux olympiques ont été quelque chose de très, très spécial pour moi. Comme maintenant, nous sommes ici au Mediterranean Sports Hub pour nous entraîner avec un objectif : être les meilleures possible. Lorsque vous participez aux Jeux olympiques, vous avez tellement de sportifs qui partagent les mêmes objectifs autour de vous, et vous êtes entourée de tous ces athlètes. C’est quelque chose de très spécial, surtout lorsque vous remportez une médaille. Vous vivez dans un village olympique entourée de personnes pratiquant toutes sortes de sports, comme ici au Cambrils Park Resort.

C’est quelque chose de très spécial de pouvoir représenter son pays aux Jeux olympiques.

Twitter Shara Gillow

Comment évaluez-vous votre carrière au sein de l’équipe française FDJ-Nouvelle Aquitaine-Futuroscope après presque 3 saisons ?

C’est ma 8e année en tant que cycliste professionnelle. J’ai passé 3 ans dans une équipe australienne, puis j’ai été recrutée par une équipe néerlandaise. C’est ma 3e année dans l’équipe française et je l’aime beaucoup, mais je pense que c’est une culture complètement différente de celle de l’équipe australienne ou néerlandaise dans laquelle j’étais auparavant. C’est un peu plus fou, mais c’est quelque chose que j’apprécie vraiment.

J’essaie d’apprendre beaucoup mieux la langue, de découvrir la culture et d’accompagner et de transmettre mon expérience à la jeune génération de l’équipe. Leur apporter un peu de l’expérience que j’ai acquise au fil des années.

Quel est le principal conseil que vous leur donnez après votre 8e année en tant que professionnelle ?

Cela peut concerner la nutrition, le vélo, les exercices ou différentes choses à faire pendant les courses… Je pense que c’est intéressant de pouvoir leur apporter quelque chose grâce à l’expérience que j’ai acquise au fil des années. Cela peut donc être très varié ! Il s’agit simplement d’être un modèle et de montrer le bon exemple.

Nous avons lu que vous aimez lorsque les courses deviennent de plus en plus difficiles… Lors du dernier championnat d’Australie sur route, où vous avez terminé 4e, vous avez d’ailleurs reçu le maillot de la coureuse la plus combative. La difficulté vous motive-t-elle ?

Oui. J’adore les courses vraiment difficiles et je pense que cela fait ressortir le meilleur de moi-même lorsqu’elles deviennent plus difficiles, comme dans les courses d’usure. J’aime vraiment les courses exigeantes.

Shara Gillow

Diriez-vous que le cyclisme est davantage un défi mental que physique ?

Le cyclisme est à la fois mental et physique. Je pense qu’il faut avoir des aptitudes physiques, bien sûr, mais il faut également être mentalement forte. Si vous n’êtes pas mentalement forte, vous n’irez pas très loin. Ce sont donc les deux aspects.

Votre deuxième passion sportive après le cyclisme est le surf. La terre et l’océan. Cela semble être la combinaison parfaite. Que vous apporte le surf que vous ne trouvez pas sur un vélo ?

Je dirais que le surf est davantage un sport pour s’amuser. À Noël, je prenais ma planche de surf et je sautais des rochers dans l’eau, vous voyez… avec une eau à 27 degrés… Quand on se met debout sur la planche et qu’on prend les vagues, c’est tellement amusant. C’est davantage un sport de loisir, pour le plaisir.

Mais lorsque vous êtes sur un vélo, parfois jusqu’à 7 heures à pédaler pour parcourir 160 ou 170 km, c’est un aspect complètement différent de l’entraînement.

J’aime le surf, comme mon père et mes frères. Je pense que c’est complètement différent et qu’on ne peut pas vraiment comparer le surf et le vélo, mais les deux sont vraiment amusants.

Que ressentez-vous lorsque vous êtes sur le vélo, sur le point de commencer une course importante ?

Le cyclisme et l’entraînement sont formidables, et j’aime beaucoup les entraînements, mais j’aime aussi les courses et l’adrénaline des descentes et du fait de rouler dans le peloton. C’est agréable de pouvoir également décrocher une victoire. Cette sensation est incroyable. Gagner une course est quelque chose de très, très spécial.

C’est une sensation que j’aime vraiment lorsque je fais du vélo, que je sens l’air frais et que je suis en plein air… Je pense que beaucoup de gens peuvent y trouver du plaisir, même s’ils ne participent pas à des compétitions.

Le cyclisme est spécial pour moi. Il m’a emmenée à l’autre bout du monde, de l’Australie à l’Europe et dans tous ces pays différents. Je me sens chanceuse d’avoir parcouru le monde à vélo et d’y avoir participé à des courses. C’est très spécial de pouvoir ressentir cela grâce au sport.

Quel est votre prochain objectif pour 2019 ?

Mon objectif pour cette saison est de prendre les courses les unes après les autres et de très bien faire. J’ai quelques courses sur lesquelles j’aimerais vraiment bien performer, aussi bien individuellement qu’en équipe. J’espère que nous passerons une très bonne saison cette année.

Il y a quelques classiques, des courses d’un jour ainsi que des courses par étapes dans lesquelles j’aimerais obtenir d’excellents résultats… Je pense que nous commençons avec une très bonne base ici au Mediterranean Sports Hub. Nous sommes très bien préparées pour notre saison.

Bonne chance, Shara !

Photos : ThomasMaheux

Twitter : Shara Gillow