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Eider Merino, nouvelle recrue de Drops - Le Col : « Le vélo, c’est ma vie… Si vous me retirez le vélo, vous me retirez tout »
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Cycling
Eider Merino, nouvelle recrue de Drops - Le Col : « Le vélo, c’est ma vie… Si vous me retirez le vélo, vous me retirez tout »
22.12.2021

Découvrez Eider Merino, la nouvelle recrue de l’équipe Drops - Le Col

 

Vous êtes cycliste professionnelle depuis 2013. Vous avez passé cinq saisons avec l’équipe Lointek, trois autres chez Movistar et votre dernière saison avec l’équipe italienne AR Monex. Quel bilan faites-vous de votre carrière ?

Lointek, qui était l’équipe UCI de ma région, a été très importante, car elle m’a permis de concilier le cyclisme avec mes études de chimie. On me laissait m’entraîner et participer aux courses lorsque je le pouvais afin que je puisse continuer mes études. Ensuite, j’ai rejoint l’équipe Movistar, qui était déjà plus professionnelle et qui m’a permis de me consacrer à 100 % au sport.

Toutes ces années m’ont appris que c’était possible et que cette petite fille qui débutait à peine avait réussi à devenir cycliste professionnelle. 

Vous avez commencé très jeune tout en conciliant le cyclisme avec des études. Vous avez donc dû sacrifier beaucoup d’autres choses. Cela en valait-il la peine ? Votre entourage vous a-t-il accompagnée ?

Le cyclisme est un sport qui vous absorbe complètement… On finit par penser au vélo toute la journée. Personnellement, j’ai dû mettre beaucoup de choses de côté, surtout lorsque j’étudiais. Je ne faisais rien d’autre qu’étudier et m’entraîner, et je dormais à peine cinq heures par jour.

Je n’avais même pas d’entraîneur, car je ne pouvais pas suivre un programme d’entraînement : je faisais tout moi-même lorsque je le pouvais. Les courses étaient mon échappatoire et les entraînements me permettaient de recharger mes batteries pour continuer à étudier.

En résumé, le vélo, c’est ma vie… Si vous me retirez mon vélo, vous me retirez tout.

Et tout cela, c’est grâce à ma famille, qui m’a toujours soutenue. Même lorsque j’ai terminé mes études, elle a tout fait pour me permettre de me concentrer sur les entraînements et de me reposer. Et, à vrai dire, ce que j’ai le plus ressenti, c’est le fait de pouvoir me reposer, ce qui est très important pour une sportive.

Que pensez-vous que l’équipe Drops-Le Col apportera à votre carrière professionnelle ?

C’est la première fois que je n’utilise pas ma langue maternelle au sein d’une équipe, et cela m’inquiétait un peu. Mais dès le premier instant, j’ai trouvé une grande famille chez Drops-Le Col. Et même si c’est une autre culture et une autre manière de concevoir le cyclisme, j’ai l’impression de courir avec elles depuis cinq ans.

Il ne nous reste plus qu’à nous entraîner davantage pour mieux nous connaître, mais dès le début, nous avons formé un groupe très soudé et je pense que je vais beaucoup apprendre. Et, à 27 ans, je peux également transmettre aux plus jeunes, qui souhaitent devenir de grandes coureuses, tout ce que j’ai appris au cours de ma carrière.

Quel sera votre rôle dans l’équipe ?

Je suis grimpeuse, en raison de mes caractéristiques physiques. C’est pourquoi mon rôle sera d’être leader dans les grands tours, lorsque la route s’élève et que je suis la plus à l’aise. Pour cela, il faut avoir une grande équipe derrière soi : je dois pouvoir les aider lorsqu’elles en ont le plus besoin et, inversement, à l’approche d’une montée, je dois être bien entourée pour aller le plus loin possible tout en dépensant le moins d’énergie possible. Je continuerai à travailler pour être une membre à part entière de l’équipe et pour aider autant que possible. 

eider merino

Quelle est votre course préférée du calendrier 2022 ?

J’ai toujours eu un sentiment particulier pour le Tour de l’Ardèche, en France. J’y ai participé pour la première fois en 2013 et je l’ai disputé chaque année, sauf cette année et une autre année où j’étais blessée. C’est là que j’ai remporté ma première victoire UCI, ce qui en fait un souvenir très particulier.

D’autre part, les courses du Pays basque sont et seront toujours les plus spéciales. Le public basque a quelque chose de particulier et, lorsque ce sont vos racines, cela vous touche encore davantage. Voir les bas-côtés remplis de personnes qui crient votre nom… Rien que d’en parler, j’en ai déjà des frissons !

Que pensez-vous de la situation du cyclisme féminin en Espagne ?

Le cyclisme féminin évolue beaucoup et je vis cette évolution. Lorsque je suis devenue professionnelle, il n’y avait que deux équipes féminines UCI en Espagne : Vizcaya et Lointek. Avec beaucoup d’efforts et les faibles moyens dont elles disposaient, elles réussissaient à nous faire participer aux compétitions. C’est lors de ces courses que l’on se rendait compte que les équipes féminines d’autres pays évoluaient à un autre niveau. Elles semblaient venir d’une autre planète : nous ne pouvions pas rivaliser avec elles !

Petit à petit, le niveau du cyclisme féminin espagnol a progressé, notamment grâce à de grandes équipes comme Movistar, qui nous a donné la possibilité de devenir plus professionnelles. Nous avons commencé à croire davantage en nous-mêmes et nous avons cessé de voir les Néerlandaises comme des extraterrestres, pour les considérer comme des cyclistes que nous pouvions battre. 

Nous avons même commencé à avoir la possibilité de travailler comme elles. Il faut garder à l’esprit qu’en Espagne, un pourcentage encore très élevé de cyclistes féminines ne peuvent pas vivre du cyclisme et doivent le concilier avec un autre emploi ou avec leurs études. Nous sommes très peu nombreuses à avoir le privilège de vivre du sport.

Actuellement, l’Espagne dispose de qualité, mais il y a beaucoup d’équipes UCI et ce potentiel est très réparti entre toutes ces équipes. Je pense qu’il serait préférable d’avoir moins d’équipes et de concentrer davantage ce potentiel, mais ce n’est que mon opinion.

Quelle importance le facteur psychologique a-t-il pour vous dans la carrière d’une cycliste professionnelle ?

J’ai toujours pensé que le cyclisme est davantage psychologique que physique. Vous pouvez avoir d’excellentes qualités physiques, mais si votre mental ne suit pas, vous ne serez pas performante. Parfois, on participe à une course sans grandes attentes et on finit par être plus performante que lors d’autres courses que l’on a préparées avec beaucoup de soin et pendant lesquelles on ressent une forte pression.

C’est un sport très exigeant et l’on passe de nombreuses heures seule sur la route. Certaines personnes s’entraînent avec d’autres, mais je peux passer quatre heures seule avec moi-même sur la route — imaginez tout ce qui peut vous passer par la tête ! Sans aucun doute, c’est un sport très psychologique.

eider merino

Que pensez-vous de votre premier stage à Mediterranean Sport Village ?

C’est la cinquième fois que Drops-Le Col vient à Mediterranean Sports Hub, mais je n’y étais encore jamais venue. Même si j’avais consulté le site Internet avant notre arrivée, les installations ont dépassé mes attentes une fois sur place.

La nourriture est adaptée aux besoins des sportifs, le local à vélos est très bien, il y a beaucoup d’espace extérieur et nous avons notre propre appartement. Cela n’a rien à voir avec le fait d’être confinées dans un hôtel, surtout maintenant avec la COVID. C’est formidable de disposer d’espaces extérieurs aussi vastes et ouverts. 

En ce qui concerne les itinéraires, je ne connaissais cette région que de passage, à l’occasion des Jeux méditerranéens. J’ai été impressionnée par le nombre de routes tranquilles avec très peu de circulation. De plus, le beau temps est garanti, alors je reviendrais souvent.

Merci beaucoup et beaucoup de succès, Eider !

Photos : Drops Le-Col